LA
NUIT DE LA TOUSSAINT
Samaîn-Halloween
ou la Toussaint, correspondance des deux mondes… Passage…
justement quand se produisent les grands passages d’oiseaux, oies, grues,
cygnes, devenus femmes de l’Autre Monde, que l’on a traitées de sorcières, ou bien
chevaucheur du temps, cavaliers de Chasses Sauvages galopant dans les nuées…
Comment ne pas vivre les légendes ou s’envoler avec elles… Quand le grand
semeur d’ivresse effeuille la forêt, la pénètre et s’empare de ses secrets…
Samaïn, la très vieille fête
Celtique du 1er Novembre a été recouverte par la Toussaint Chrétienne, mais le
symbolisme est resté inchangé : Fête des morts que l’on retrouve par la
mémoire. Fête des mondes qui se chevauchent et s’entremêlent. Fête de la magie.
A nous gardiens et gardiennes du temps sacré de lui redonner son vrai sens…
Halloween, la Nuit Sacrée
L’origine se trouve dans les
grandes fêtes du paganisme, situées autour du 1er novembre.
Fête de la 3ème moisson et des
morts, on célébrait la Déesse Hel, (Madame Holle dans les contes de Grimm),
fille du dieu malin Loki et de la géante Angerboda (« fauteuse de mal »). Hel
avait pour frère le loup Fenrir et le dragon Jörmungandr, les « le Serpent de
Midgard ». Elle est la déesse de la mort et plus spécifiquement des morts non
tombés au combat), et règne sur Helheim, domaine des défunts, que l’on a
improprement assimilé à l’Enfer (racine hell en anglais = enfer). On voit donc
dès à présent que l’aspect macabre de cette fête d’ l’Halloween moderne est
tout à fait légitime.
C’est aussi pour les Celtes la
fête de Samain. Premier jour de l’année Celtique. Le nouvel an celtique ouvrait
les portes de l’année et le cycle hivernal, tandis que la fête de Cetsamhain du
1er mai (Beltaine « feu de Bel) les refermait. Pour nos Ancêtres, l’être est
issu du non-être, et non l’inverse. C’est pourquoi les Gaulois se disaient
issus de Dis Atir, ou Orgos, le grand Dieu Noir de la Mort et des Ténèbres, qui
représente le non-être et le chaos. Il est donc naturel, dans cette logique de
faire commencer l’année à l’approche de la saison sombre, celle du Soleil Noir,
du Soleil hivernal (quand l’astre est supposé, dans les traditions anciennes,
voyager dans son parcours souterrain). C'est-à-dire d’Orgos. Cet Orgos qui a donné l’Ogre des contes et légendes.
Samain marque donc la fin et
le début de l’année, et n’appartient en réalité ni à l’année qui se termine, ni
à celle qui commence. C’est une période hors du temps. En tant que moment
charnière entre deux années, Samain acquiert ainsi une fonction intermédiaire
entre le monde des humains et le cosmos divin, mais aussi entre le monde des
humains et l’Autre Monde, et entre le monde des vivants et celui des morts.
C’est donc une période où les portes s’ouvrent. En ce moment hors du temps, les
humains peuvent non seulement communiquer avec les gens du Sidh (l’Au-delà –
l’Autre Monde, celui des Esprits, des entités mystérieuses, des fées et des
lutins…) et les défunts, mais aussi changer leur place avec eux, ou encore se
mêler à eux (y compris sexuellement).
Samain est aussi le moment
magique où les esprits des ténèbres et
de l’hiver commencent à acquérir de plus en plus de puissance (approche de
l’hiver et de ses germinations mystérieuses), tandis que les forces solaires
déclinent et que le froid s’installe. S’amorce alors une lutte entre les
ténèbres et la lumière, qui verra son apogée et sa conclusion (temporaire) lors
de la veille de Beltaine, nuit du 30 avril au 1er mai. La fameuse nuit des
Walpurgis. (Ce qui marque le retour du Soleil au printemps). Les deux périodes
sont donc intimement liées – elles ouvrent et ferment le cycle hivernal. Et
Halloween comme Walpurgis voient la terre envahie par les créatures de l’Autre
Monde.
Comme on le voit, Halloween
n’est pas une fête isolée, elle s’inscrit, bien au contraire, dans le cycle
hivernal, et ne peut se comprendre hors de ce contexte particulier. Elle est le
reflet de la vision des Anciens, et incarne l’éternelle lutte entre la lumière
et les ténèbres, mais aussi l’ambivalence de la vie et de la mort : elle
reflète le sens même de l’existence dans la pensée mythique du paganisme, pour
qui l’univers n’est pas un mais multiple.
La nuit et l’obscurité ont, de
tout temps, été associées au danger et à l’inconnu. On le sait, la nuit
n’appartient pas au vivants : elle est le domaine privilégié des esprits, des
revenants ou encore des mauvaises fées – les lavandières de nuit.
L’étymologie du mot Halloween
n’est pas certaine. Tout au plus semble-t-on y reconnaitre la racine germanique
Hel, qui a donné Hell (enfer) en anglais. Il s’agirait d’une contraction de
Hallowed Even, « Soir Sacré » ou « Nuit Sacrée ». Avec la domination du
Christianisme, il est devenu interdit de pratiquer les anciennes fêtes (même si
elles se pratiquaient toujours en secret dans les campagnes). Il est probable
que Samain devint ainsi le « Soir Sacré ». Quand l’Eglise institua la fête de
la Toussaint (All Hallow’s Day, en anglais), justement pour contrecarrer les
célébrations de Samain toujours vivaces, on forgea All Hallow’s Eve, « veille
de la Toussaint », que l’on contracta en Alloween de façon à célebrer Samain
sous un vernis plus ou moins Chrétien.
Samaïn, est une célébration
saisonnière, et a donc obligatoirement un aspect « agraire » en étant
le reflet des cycles de la nature. Samaïn est donc ainsi une fête joyeuse et exubérante, une
fête de la Lumière et non des ténèbres, une fête de rire et de plaisir, à la
différence de la Toussaint et du jour des morts, institués dans le but de
supplanter Samaïn-Halloween. C’est aussi une fête familiale, qui s’étendait
aussi aux défunts et aux ancêtres.
Nous avons vu que, lors
d’Halloween-Samaïn, les portes entre les mondes sont grandes ouvertes ; le
monde des humains et celui des esprits se rapprochent et se mêlent. A partir de
cette date, et durant tout la durée du cycle hivernal, les esprits, bons ou
mauvais, ont pouvoir d’agir dans le monde humain, de même que les morts,
d’ailleurs. Les esprits alors supposés remettre en place les choses qui vont de
travers.
Samaïn marque l’entrée dans ce
qu’on appelle en Bretagne les « mois noirs » - (miz du), c’est-à-dire
novembre et (miz herzu) « mois très noir » décembre, période de repli
sur soi, où l’on vit en « vase clos », mais aussi la période idéale
pour renouer le fil qui relie aux ancêtres. (D’où l’importance des défunts et
des esprits en cette période). Elle ouvre le cycle hivernal, lequel est refermé
par le 1er mai (Beltaine). Halloween n’est pas une fête isolée, elle
s’incrit et ne peut se comprendre que dans le contexte de ce cycle hivernal.
C’est le temps des
veillées :
Les veillées d’hiver
commencent dès que les travaux des champs
se terminent, le début des veillées a lieu le 1er Novembre
environ. Les veillées et les grandes veillées, sont le lieu privilégié de la
transmission du savoir mythologique. On s’y réunit au cœur de la nuit, on
y évoque les dangers du dehors, parlant
à voix basse de « ceux qui chuchotent dans la nuit ». On y raconte
des légendes, mais aussi on commente les nouvelles (les langues vont bon
train !). Les femmes filent et tricotent, préparant le fil (lin ou
chanvre) . On y commente la vie du village, on y prépare les mariages.
La nuit a, de tout temps, été
associée au danger et à l’inconnu. On le sait, la nuit n’appartient pas aux
vivants ; elle est le domaine des esprits, des revenants… Dès le coucher
du soleil, et particulièrement lors de la saison froide, la campagne est
envahie par tout un peuple d’esprits ; les esprits de la nuit. Ces
croyances perdurent encore…
L’ambiance des veillées est
tout imprégnée de cette grande peur de qui rôde dans la nuit, et dont les
légendes font échos.
Une des meilleures façons de
vaincre cette peur est encore d’en rire, ainsi, pour la rendre moins
effrayante, on parodie le surnaturel.
C’est pourquoi l’occupation
favorite des jeunes gens exclus des veillées, ou admis à y faire leur cour,
étaient d’attendre les fileuses à la fin de la réunion, pour les effrayer en
jouant aux revenants…
Venez nous rejoindre au Cabinet de Groupe Nation :














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